La recherche

Le suivi démographique
Nous collectons plusieurs fois par mois des données photographiques depuis la terre, aux abords de la passe Hiria où les dauphins viennent surfer et sauter au quotidien. Ces données nous permettent de répondre à de nombreuses questions : combien y a-t-il de dauphins ? S'agit-il toujours des mêmes individus ? Qui sont les femelles gestantes ? Comment se portent les nouveau-nés ? Cela nous a notamment permis de constater une baisse notable du nombre d'individus fréquentant la zone de Tiputa : entre 2009 et 2026, la communauté a perdu un tiers de ses dauphins. Pour cette partie de notre travail, nous bénéficions du soutien des Relais de Joséphine.

Le suivi comportemental
Le suivi comportemental a lieu en plongée sous-marine. Les observations, photos et vidéos collectées nous permettent de détailler certains paramètres démographiques mais surtout d'observer l'évolution du comportement des dauphins dans le cadre de leurs interactions avec les activités touristiques de plongée. Nous pouvons notamment répondre aux questions suivantes : quelle est la fréquence d'observation et le comportement de chaque dauphin en présence de plongeurs sous-marins ? Quels sont les comportements des plongeurs vis-à-vis des dauphins ? Quels sont les risques liés aux interactions entre dauphins et plongeurs ?
À partir de ces connaissances, nous émettons des recommandations pour une meilleure gestion des activités touristiques ciblant l'observation des dauphins. Pour ce travail de terrain, nous sommes soutenus par le Rangiroa Diving Center.
Les impacts du tourisme
En Polynésie française comme ailleurs dans le monde, nous constatons un fort développement des activités d'observation des baleines et des dauphins en milieu naturel, appelées whale- et dolphin-watching. Ces activités surfent le plus souvent sur des mythes et croyances promouvant des pratiques intrusives qui, en Polynésie, ciblent principalement trois espèces de cétacés : la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), le grand dauphin (Tursiops truncatus) et le dauphin à long bec (Stenella longirostris).
De nombreuses études menées depuis 40 ans en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Nord et du Sud et en Europe, ainsi que des observations effectuées à Rangiroa montrent ainsi que l'observation des cétacés, privilégiant à l'origine une sensibilisation du grand public à la beauté et à la fragilité de ces animaux et de leur milieu, est une nouvelle menace pour ces espèces sauvages. Les bénéfices associés au whale- et au dolphin-watching sont en effet contrebalancés par leurs effets délétères sur le bien-être à long-terme et le fitness des espèces, populations et individus ciblés.
C'est dans ce contexte que DDR effectue un suivi scientifique détaillé des effets du tourisme animalier, et notamment de la plongée sous-marine, sur le comportement des grands dauphins de l'atoll de Rangiroa.
